Un syndicaliste dans l’industrie nous écrit :
En ce début d’année 2008, tous les grands groupes industriels annoncent des résultats financiers 2007 exceptionnels et des augmentations des dividendes
versés aux actionnaires. Dans le même temps, les directions de ces groupes confirment et poursuivent des plans de réduction d’effectifs et de délocalisations.
L’année 2007 a été la meilleure de l’histoire du groupe EADS, toutes les divisions annoncent des chiffres d’affaires supérieurs à 2006, et la trésorerie
du groupe dispose d’un excédent de plus de 5 milliards d’euros. Et pourtant le 10 janvier 2008, M. Gallois, président exécutif d’EADS met la priorité sur la délocalisation en zone dollar
et la poursuite en 2008 du plan "power 8", plan de réduction des coûts et de suppression d’emplois. Les délocalisations sont chiffrées. La direction d’EADS veut 20% de ses effectifs hors Europe
et 40% de ses achats en zone dollar. La raison de cette stratégie, appelée "vision 2020", est connue : atteindre d’ici 2015 l’objectif de 10% de marge d’exploitation afin de garantir une
bonne rentabilité pour les actionnaires !
Telle est la nouvelle stratégie du groupe. « Ce n’est pas un rêve » déclare le président Gallois.
Cette stratégie porte en elle le démantèlement du groupe. Il a d’ailleurs commencé avec les cessions des sites de Méaulte et de Saint Nazaire à
l’équipementier Latécoère qui, sitôt choisi comme acquéreur des deux sites français d’Airbus, décide de délocaliser vers la Tunisie.
Le 13 février 2008, le groupe PSA Peugeot Citroën annonce le quintuplement de son bénéfice net, atteignant ainsi 885 millions d’euros, et confirme le
maintien de l’objectif de doublement de sa marge d’ici 2010 grâce au plan "Cap 2010" ! Ce plan prévoit notamment un fort développement des investissements et des implantations industrielles
de PSA en Europe Centrale et en Chine.
Une vraie question : Existe-t-il tâche plus urgente que de soustraire l’aéronautique, l’automobile, toute l’industrie, à la domination des
marchés financiers et de la spéculation ?
Cela ne doit-il pas s’intégrer dans une politique de reconquête de la souveraineté de chaque pays d’Europe dans le domaine essentiel de la politique
économique ?
La reconquête de la souveraineté nationale, fondement d’une union libre des peuples d’Europe, signifie la rupture d’avec les traités européens actuels
qui n’offrent aide et soutien qu’aux puissances financières privées, banques et grands groupes.
La renationalisation d’EADS et des secteurs clés de l’industrie a cet enjeu.
S’engager dans cette voie permettrait le rétablissement de critères de gestion industriels et techniques et la mise au point d’un plan de
réintégration de la sous-traitance, d’arrêt des délocalisations, d’embauche en CDI de milliers d’intérimaires et prestataires avec un statut unique pour tout le
personnel !
La défense de l’emploi et de l’industrie nécessite de telles mesures d’urgence.
N’est-ce pas aussi le rôle d’une municipalité qui entend défendre ses administrés et faire respecter sa souveraineté que d’agir en toutes
circonstances pour qu’il en soit de même à l’échelle nationale ?
Que toutes les communes frappées par les délocalisations et les licenciements, et celle des Mureaux en fait partie, échangent leurs informations,
confrontent leurs expériences et allient leurs forces pour faire valoir la priorité aux droits des travailleurs et non aux exigences des actionnaires ? Une telle initiative de rassemblement
de ces communes donnerait du poids à cette urgence sociale. Voilà l’engagement qu’une liste comme la vôtre pourrait prendre.
Qu’en pensez-vous ?
Denis
Réponse de Jean Delarue :
Oui, nous entendons clairement œuvrer en ce sens : c’est d’ailleurs sur cette orientation que nous avions soutenu le Comité de liaison industrie,
combattant notamment pour la re-nationalisation d’Air-Bus… Notre liste et ses futurs élus s’engagent à soutenir cette proposition dès l’installation du nouveau conseil municipal et la soumet à la
discussion de tous les Muriotins.
Jean Delarue
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